« François Hollande, Homme d’Etat de l’année ? » par Franck Abed

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François Hollande, Homme d’Etat de l’année ?

Aussi curieux que cela puisse paraître, il ne s’agit pas d’un canular. Normal Ier sera présent à New York les 19 et 20 septembre prochains, pour la 71ème Assemblée générale des Nations Unies. A cette occasion, il recevra le prix de « l’Homme d’Etat de l’année » par la fondation américaine Appeal of Conscience. L’annonce avait été faite le mercredi 25 mai à New York, en présence de Bertrand Lortholary, consul de France. Celle-ci avait distingué Sa Normalité « pour son leadership dans la sauvegarde de la démocratie et de la liberté dans un moment d’attaques terroristes et pour sa contribution à la stabilité et la sécurité mondiales ». C’est navrant d’en arriver à ces conclusions, quand on sait les nombreuses failles de sécurité existantes lors des différents attentats islamiques qui ont frappé la France. N‘oublions pas le fait que la « République hollandaise » a été à plusieurs reprises condamnée ou critiquée par le Conseil des Droits de l’Homme de l’O.N.U ou encore celui de l’Union Européenne pour le maintien de l’Etat d’urgence et les milliers de perquisitions arbitraires après les attentats de Paris. De même si la sécurité internationale était aussi stable, cela se saurait. Enfin si Hollande a la stature d’un chef, alors Macron serait le symbole du renouveau politique… A l’époque cette future nomination était passée presque inaperçue, et franchement nous le comprenons tant c’est risible. La rentrée politique étant compliquée pour l’homme au scooter, ses communicants croient utile de discourir sur cette future distinction qui, dans leurs esprits, doit permettre d’oublier quelques temps les déboires politiques du Président.

Il est toujours intéressant, pour relever la pertinence ou non d’une telle distinction, de connaître les fondamentaux de la dite fondation. Elle vise à « travailler au nom de la liberté religieuse et des droits de l’homme partout dans le monde » et veut promouvoir « la paix, la tolérance, et la résolution des conflits ethniques ». Nous pourrions croire à une déclaration maçonnique tant les références à l’homme, à ses droits, à l’antiracisme sont omniprésentes dans leur site internet. Elle se présente même comme interconfessionnelle… mais elle est dirigée par un rabbin. Ce dernier, Arthur Schneier est survivant de la Shoah selon le journal La Croix. Il officie à la Park East Synagogue de New York. Dans sa mission, il est assisté par le cardinal Theodore E. McCarrick, archevêque émérite de Washington, et le jésuite Joseph O’Hare qui sont vice-présidents. Parmi les administrateurs nous retrouvons les cardinaux Péter Erdö, archevêque de Budapest, et Christoph Schönborn, archevêque de Vienne. Autant dire que nous sommes en plein « babélisme »  religieux, bien éloigné du catholicisme du Concile de Trente. Pour clore le chapitre des présentations et démontrer que nous vivons sous le règne de la confusion généralisée, rappelons qu’en 2015, le cardinal Timothy Dolan, archevêque de New York, avait remis au rabbin Schneier, au nom de François, les insignes de chevalier de l’ordre de Saint-Sylvestre. Il n’y a rien de mieux pour entretenir les incohérences philosophiques et intellectuelles…

Quoiqu’il en soit, ce titre d’Homme d’Etat de l’année rappelle étrangement les produits de consommation désignés « produit de l’année » par des concours créés et financés par des grandes marques, pour mettre en valeur leurs propres produits… En son temps, le président américain Barack Obama s’était vu remettre le prix Nobel de la paix 2009 « pour ses efforts extraordinaires en faveur du renforcement de la diplomatie et de la coopération internationales entre les peuples ». Pourtant ce fut bien la première fois que le jury avait accordé cette reconnaissance au chef d’un Etat qui en occupait militairement deux autres (l’Irak et l’Afghanistan). Tout cela ressemble étrangement à une fin de règne, où les dominants, sentant les choses leur échapper, s’auto-félicitent sur le dos des peuples pour entretenir leur mainmise. Cependant comment considérer Hollande comme un homme d’Etat quand on étudie un tant soit peu la situation politique et économique de la France ? Inutile d’établir un catalogue des erreurs et des échecs de l’occupant de l’Elysée. Il suffit d’aller dans la rue et écouter le peuple donner son avis. Quoiqu’il en soit, cette association s’était déjà fait remarquer par sa capacité à ne pas choisir les meilleurs hommes d’Etat. Effectivement, en 2015 ce prix avait été remis au premier ministre britannique David Cameron. Avant lui, un autre chef d’Etat français avait également reçu cette distinction : il s’agit de Nicolas Sarkozy… Tout cela en dit long sur la crédibilité qu’il convient d’accorder à ces outils de propagande. Il ne manquerait plus que Jérôme Cahuzac reçoive le titre de « ministre des finances de l’année » et la boucle serait… bouclée !

Franck ABED

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