« Les grandes figures catholiques de la France – François Huguenin » par Franck Abed

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Les grandes figures catholiques de la France par François Huguenin

Le catholicisme est l’ADN de la France. Il s’agit même à mon sens d’un fait incontestable. Pourtant des hommes politiques tentent de minimiser ce fondement civilisationnel, au point de s’étouffer quand nous parlons des racines chrétiennes de l’Europe… A l’heure où l’école de la République immerge les jeunes et moins jeunes dans une amnésie dévastatrice, ce livre brosse le portrait de figures catholiques qui nous permet de (re)dédouvrir l’histoire de notre pays. Effectivement la France ne naquit pas en 1905 ou en 1968 pas plus qu’en 1789, mais lors du baptême de Clovis en 496.

François Huguenin, historien et essayiste, qui a commis entre autres L’Histoire intellectuelle des droites et Les Voix de la foi, nous propose un ouvrage non pas religieux mais historique. Il a ainsi retenu 15 figures dans notre longue histoire nationale et certains choix pourront étonner. En effet, de Gaulle figure dans cette liste alors que Louis XIII, le Roi qui consacra le royaume de France à la Vierge Marie, est absent. Il expliquera sa position dans Famille Chrétienne de la manière suivante : « Je ne sous-estime pas la foi de Louis XIII, ni la beauté de la consécration de la France à Notre-Dame. Mais je consacre déjà un chapitre à Richelieu, qui est une extraordinaire figure catholique. » D’une manière générale choisir revient à écarter. De fait le choix comporte, qu’on le veuille ou non, une dose de subjectivité. Cependant lorsque l’auteur évoque les grandes figures catholiques qu’il a retenues, il est historien. A ce titre il restitue, avec faits objectifs et arguments circonstanciés le contexte historique – sans lequel il est impossible de bien comprendre tous les tenants et les aboutissants – avec lequel évoluèrent ces héros. Sans jamais tomber dans les légendes dorées ou noires, François Huguenin dresse le portrait d’hommes et de femmes qui furent guidés par une foi commune – bien qu’elle s’exprima différemment – et une certaine idée de la France. Tous ne furent pas saints et nombreux sont ceux qui commirent des erreurs. A dire vrai, nonobstant leur grandeur, leur mérite voire leur influence, cela les rend humains, donc proches de nous.

D’une manière générale, les pédagogues modernistes lui reprocheront peut-être sa volonté de suivre une chronologie dans l’espace et le temps, mais comment faire de l’histoire sérieusement sans chronologie ? Ce livre redonnera, c’est le moins que nous puissions espérer, le goût à nos contemporains pour l’histoire. Cette discipline reste constamment martyrisée par les différents ministres de l’Education Nationale. D’une manière générale, il est impossible de rester de marbre – quand on est Français – à l’évocation de Clovis, Jeanne d’Arc, Richelieu et Saint-Vincent de Paul. De même pour savoir où aller, encore faut-il savoir d’où l’on vient. Ainsi dès les premières pages, le directeur de la Procure rappelle des vérités que nous aimerions entendre plus souvent de la part des hommes politiques et d’Eglise : « La France est tout simplement, depuis son ébauche que l’on datera de Clovis et sa création qui est le fait des capétiens, un pays catholique, qui l’est resté par-delà la crise de la Réforme. » La France, contrairement à ce que pensent les adeptes de la table rase, n’est pas un vulgaire terrain vague ou un désert vide de fondements religieux, philosophiques et politiques. Frédéric Huguenin poursuit : « Ma conviction est que le catholicisme constitue un apport singulier et plus nécessaire que jamais dans une France sécularisée où triomphent le relativisme et le consumérisme. »

Alors que toute l’infrastructure politico-médiatique tourne le dos à notre passé en le caricaturant, en le dénigrant ou même en l’occultant, il demeure vital de transmettre aux générations futures la vérité profonde de la France, à savoir qu’elle est catholique. Cette dernière idée en choquera plus d’un, mais à bien y réfléchir Jeanne d’Arc n’avait-elle pas déjà choqué ses tortionnaires à son inique procès, au cours de cet échange célèbre : « Jeanne, croyez-vous être en état de grâce ? — Si je n’y suis, Dieu veuille m’y mettre ; si j’y suis, Dieu veuille m’y tenir… » Il vaut mieux choquer autrui que de passer pour un ectoplasme. Dans une société française sans cesse tiraillée et attaquée par la dictature du relativisme et de l’athéisme, ce livre rappelle avec force que notre pays est lié de manière consubstantielle au catholicisme. Certains rappels sont salutaires, nul doute que celui-ci en fasse partie.

Franck ABED

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