L’économie (Thibault Doidy de Kerguelen) par Franck Abed

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Franck ABED : Bonjour. Pourriez-vous prendre la peine de vous présenter en quelques mots pour ceux qui croient vous connaître et pour ceux qui ne vous connaissent pas encore ?

Thibault DOIDY DE KERGUELEN : Bonjour. Sur la mini bio qui s’affiche sur mes sites, je me définis comme Breton, Catholique, Blanc et hétérosexuel. Plus exactement, je dis « celte » et non Breton, car, vous l’aurez compris, il s’agit d’une réponse provocatrice à l’idéologie ambiante que je trouve particulièrement délétère et qui ne sait plus identifier un être humain autrement que par son appartenance ou non à une communauté.

Plus prosaïquement, je suis un « énervé » de la liberté d’expression. Jeune, je militais pour la liberté d’expression radiophonique et n’ai pas craint d’avoir à faire avec les institutions de l’époque. Je n’ai pas craint non plus d’aller aider certains opposants à l’Est du rideau de fer, en RDA et en Pologne. Aujourd’hui, c’est à travers l’animation de sites internet que s’exprime cette farouche soif de liberté.

Mon parcours professionnel, conseiller marketing, chef d’entreprises, directeur d’association, conseiller en gestion de patrimoine et mes engagements personnels m’ont conduit à m’exprimer plus aujourd’hui sur l’économie et la macro politique qui sont à mes yeux les seuls éléments fondamentaux de la société humaine. Tout le reste n’est que périphérique et conséquence.

Franck ABED : Comment définiriez-vous l’économie ? Comme une science mathématique ? Une science morale ?

Thibault DOIDY DE KERGUELEN : A mes yeux, l’économie n’est pas une science.

Ce n’est pas une science parce que la définition même d’une science veut que si répétez une expérience à plusieurs reprises avec les mêmes paramètres dans les mêmes conditions vous obteniez le même résultat. En économie, jamais !

Ce n’est pas une science parce que l’économie n’est pas issue de la Création, pas issue de la volonté divine, mais de l’organisation sociétale voulue par l’homme.

L’économie est un ensemble de mécanismes plus ou moins complexes qui se sont ajustés de manière empirique au fil du temps. L’économie est le résultat de l’impérieuse nécessité qu’éprouve l’homme à pallier à deux nécessités fondamentales : Son incapacité à l’autosuffisance et la nécessité que son âme éprouve à se libérer des contraintes corporelles pour se consacrer exclusivement à la spiritualité.

Si vous comprenez cela, vous comprenez que l’homme échange et vous comprenez qu’il essaie en permanence d’acquérir une aisance matérielle dont il se sert toujours en premier lieu pour se libérer des taches subalternes.

En cela, l’économie est le moteur principal du « sens de l’histoire » au sens chrétien du terme, c’est à dire de la « libération » (au sens théologique du terme) de l’homme. Nous sommes donc à des années lumière de l’aberration marxiste de l’aliénation….

Franck ABED : Certains experts expriment l’idée que la France serait en crise économique. Quel est votre avis sur la question ?

Thibault DOIDY DE KERGUELEN : La France n’est pas en « crise » économique, elle est en non économie, en aberration économique, en a-économie. La France se trouve aujourd’hui dans une situation qui me rappelle farouchement celle de l’URSS (où je suis intervenu comme conseiller économique envoyé par Bruxelles à la fin de l’ère Gorbatchev). Des ressources formidables, des personnels ultra compétents et parfaitement conscients de ce qui ne va pas, et un carcan politique imposé par des idéologues qui croient (je parle bien de croyance…) que le politique peut et doit imposer ses règles à l’économie.

Une crise économique est un passage douloureux la plupart du temps causé par un secteur du monde économique qui s’est emballé de manière conjoncturelle et qui, par la loi de la nature et des grands équilibres, se réaligne.

Ce n’est pas le problème actuel de la France (ça peut le devenir avec la dette publique, mais ce n’est pas le problème aujourd’hui). Le problème de la France est structurel et non conjoncturel. Nous ne pouvons donc pas parler de crise mais de dysfonctionnement.

Franck ABED : Ces dernières années sur internet, nous avons pu constater l’émergence de conseillers financiers. Ces derniers exposent que les placements sur l’or seraient une excellente idée pour protéger son épargne. Qu’en pensez-vous ?

Thibault DOIDY DE KERGUELEN : J’en pense qu’il n’y a pas de panacée en termes de protection de son épargne. Pas plus l’or qui est sujet à des spéculations, donc à des cours irrationnels, que n’importe quel placement monétaire. Dans ce domaine, il faut savoir manœuvrer en fonction du vent. Lorsque vous choisissez d’être dans un contexte à fortes variations possibles, il faut avoir conscience que vous devez être extrêmement flexible et réactif. Ajoutez à cette incertitude « naturelle » les interventionnismes politiques qui rendent l’accès à votre épargne encore plus aléatoire et vous comprendrez mon extrême méfiance.

Mon conseil : La meilleure épargne est, dans le contexte actuel, l’absence d’épargne. Transformez votre épargne en patrimoine (investissez, en partie sur du tangible en partie sur du volatile) et assurez votre besoin en fonds de roulement ou votre réaction aux imprévus de la vie par l’emprunt dont les taux sont au plus bas et auquel vous avez toujours accès de par l’existence même de votre patrimoine.

Franck ABED : Dans la même idée en vue d’une éventuelle secousse systémique qui toucherait le domaine bancaire, certains parlent de « débancarisation ». Vraie ou fausse bonne idée selon vous ?

Thibault DOIDY DE KERGUELEN : Je crois avoir déjà en partie répondu à cette question. Le rôle des banques dans le processus économique est de fluidifier les flux et de générer la monétisation de la croissance économique. Pas de vous permettre d’accroître votre patrimoine (donc de devenir de plus en plus riche, car la richesse ne se mesure pas en flux mais en stocks…). C’est la raison pour laquelle tant de braves gens qui ont travaillé dur et qui ont cru s’être constitué un patrimoine se voient dépouillés. Ils ont confié leur patrimoine à leur banque !!! Ce n’est pas le rôle de la banque de vous rendre riche, le rôle de la banque c’est au contraire de vous appauvrir pour capter vos richesses.

Utilisez donc la banque pour ce pour quoi elle faite et qu’elle sait très bien faire, c’est à dire prêter et assurer vos transferts. La gestion de votre patrimoine, confiez la à un professionnel de la gestion de patrimoine.

Franck ABED : Le gouvernement a eu l’idée d’abandonner la monnaie nationale pour avoir recours à une monnaie unique. Aujourd’hui faut-il continuer dans cette voie ? Un retour au franc est-il envisageable ? Souhaitable ?

Thibault DOIDY DE KERGUELEN : Cette question est totalement biaisée et économiquement fausse. Elle frise le non sens. Qu’importe que la monnaie soit internationale ou nationale, cela n’a aucune, mais strictement aucune importance. Vous touchez là un des sujets fondamentaux de l’organisation économique. Sujet qui est caractéristique de l’ignorance crasse de nos dirigeants et de nos pseudo zélites.

Tout ce que vous entendez est mensonges. Le discours des défenseurs de l’Euro qui vous expliquent que l’espace économique nécessite une monnaie commune sur l’ensemble de cet espace, le discours des antis qui vous expliquent qu’une monnaie nationale serait plus cohérente au regard des disparités des différentes composantes. C’est du n’importe quoi. Le dollar fonctionne sur un territoire plus grand avec des disparités économiques tout aussi importantes entre les états des USA qu’entre les pays d’Europe… Le rouble, pareil et le yuan, n’en parlons même pas ! Parmi les défenseurs du retour au franc, il en est qui ont l’honnêteté de dire que cela permettrait au pouvoir politique de jouer artificiellement sur la parité du franc avec les autres monnaies pour « accélérer » la compétitivité des entreprises françaises. Sauf que faire cela serait la plus grande conn… qu’on puisse imaginer ! Où et quand avez vous vu qu’un rail de coke soignait un malade, vous ? Baisser artificiellement la parité d’une monnaie peut donner l’impression d’un mieux, mais pour retomber encore plus vite dans les travers. Et tel le camé moyen, le pouvoir politique va de dévaluation en dévaluation…. Qui trinque au bout du compte ? Le bon peuple, celui qui a économisé pour se constituer un capital dont la valeur s’écroule.

Non, la vraie question concernant la monnaie, c’est « le pouvoir politique doit il être décisionnaire en matière de monnaie ? ». Et ma réponse est clairement NON. Que la monnaie soit nationale ou internationale n’a strictement aucune importance, dès lors qu’elle n’est pas soumise au pouvoir politique. Si la monnaie est soumise au pouvoir politique, elle est immédiatement instrumentalisée au profit de la démagogie. Elle n’est donc plus le reflet juste de l’économie de la zone qu’elle couvre. Le cycle infernal « je promets ce que je n’ai pas les moyens de tenir—> je finance mes promesses par la dette —> je dévalorise l’unité de compte pour réduire ma dette » devient le mode de fonctionnement « normal » qui crée de l’insécurité, de la méfiance, de la paupérisation. Ainsi l’économie qui est censée enrichir se trouve instrumentalisée par le politique dans un cycle paupérisateur.

Nous avons une période de notre histoire durant laquelle le franc n’a pas été dépendant du pouvoir politique. De sa création à 1914. Constituée autour d’un regroupement de banquiers, avec un conseil d’administration uniquement constitué de banquiers, la banque de France, et avec elle le franc, est née sous le consulat, a connu l’Empire, la premières restauration, le retour de Napoléon, la seconde restauration avec les pénalités infligées par les alliés et les frais d’occupation, les soubresauts de 1830, le développement économique de la monarchie de juillet, le début de la colonisation (qui a coûté fort cher), 1848, la seconde république, le second empire, avec ses guerres et ses conquêtes, la guerre de 1870 avec la destruction d’une partie de Paris par les révolutionnaires, la perte de deux des plus riches régions françaises, avec les indemnités payées à l’Allemagne, la fin de la conquête de l’empire français…. et durant toute cette période, malgré tous les déboires politiques, le franc était une des deux monnaies fortes du monde, d’une extrême stabilité. Tout s’est écroulé en 1914 lorsque, au prétexte de la guerre, l’Etat a repris la main mise sur la monnaie. Nous sommes alors retombé dans les travers de la période antérieure.

Si vous voulez, lors d’un autre entretien, je vous expliquerai les trois seules façons possibles de sortir de l’ornière du sur endettement public. La seule qui ne fasse pas payer son coût au peuple nécessite de ne pas avoir une monnaie aux mains des politiques.

Franck ABED : Actuellement il y a les primaires de la droite et du centre. Quel est le meilleur candidat en ce qui concerne les questions économiques ?

Thibault DOIDY DE KERGUELEN : Aucun. Le seul qui ait une analyse juste est Fillon, mais il refuse d’envisager les bonnes solutions.

Franck ABED : Quels sont les trois livres que vous conseilleriez pour bien se former en économie ?

Thibault DOIDY DE KERGUELEN : Les sophismes économiques de Bastiat, La grève de Ayn Rand, la route de la servitude de Hayek.

Ce sont les trois fondamentaux, après bien sûr il y en a beaucoup. J’en ai moi même trois en cours et un quatrième en préparation (je suis serf et l’Etat est mon maître ; oubliez le coût du travail ; Pourquoi payer ?), encore faut il avoir le temps de les finir !!!!

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