« Que penser du « Manifeste de l’union des droites » ? » par Franck Abed

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Que penser du « Manifeste de l’union des droites » ?

Ce n’est pas la première fois qu’une tentative de rassemblement voit le jour. Ce ne sera pas la dernière à échouer… Le Manifeste (1), comme écrit en préambule, est : « destiné à rassembler cette droite « hors les murs » dans laquelle se reconnaissent tant de Français. » Vaste programme. Il convient de préciser, avant d’aborder rapidement le fond du sujet, que l’usage du terme manifeste pose déjà un problème. Associer manifeste et droite revient à user d’un oxymore. Est-ce une erreur doctrinale, philosophique voire politique ? Je ne le pense pas et j’y reviendrai. Historiquement le terme de manifeste fut presque exclusivement utilisé par des intellectuels de gauche ou d’extrême gauche. En effet Gracchus Babeuf (2) regroupa ses idées dans un texte intitulé Manifeste des Egaux. En 1843, Victor Considerant (3) publia son Manifeste politique et social de la démocratie pacifique. Cinq ans plus tard, Karl Marx présenta le Manifeste du Parti Communiste. En 1909 fut publié Le Manifeste du futurisme écrit par Filippo Tommaso Marinetti (4) qui voyait dans la modernité une source d’inspiration. Autant dire que tous ces manifestes sont bien éloignés de nos principes et préoccupations. Pire, ils regroupent l’ensemble des mensonges et des erreurs véhiculés par tous les adversaires de la philosophie réaliste…

Heureusement que Le Manifeste de l’Union des Droites ne connaîtra pas le même « succès » que ses devanciers. Tous ses signataires se déclarent républicains (5). Ils assument donc, qu’ils l’admettent ou non, l’héritage de la Révolution. Pourtant, il s’agit d’une escroquerie intellectuelle de se revendiquer de droite, quand on est de gauche. Effectivement, comme je l’ai déjà démontré être républicain c’est être de gauche (6) : « Originellement, être de droite, c’est combattre la Révolution de 1789. La distinction entre la gauche et la droite tire son origine de la Révolution dite française avec le vote sur la Constitution civile du clergé en 1791. Les partisans du oui siégèrent à gauche, ceux du non à droite. Opter pour le oui revenait à penser que le spirituel devait être soumis au politique, voter pour le non c’était admettre que le politique devait être subordonné au spirituel » (7). Effectivement, les propagateurs de cette union des droites considèrent que la loi de la République se trouve au-dessus du Décalogue et des valeurs évangéliques. De fait, l’union intellectuelle est impossible entre des républicains sincères et des catholiques authentiques. Certains évoqueront les alliances tactiques, la stratégie. Pourquoi pas les magouilles ou les combinazione tant qu’ils y sont… Quand les catholiques jouèrent le jeu de l’union, ils se retrouvèrent toujours perdants pour ne pas dire autre chose. Ainsi, les catholiques de toujours et les royalistes doivent impérativement abandonner l’Union Sacrée et le Compromis Nationaliste (8). Contrairement à ce que je peux lire dans leurs revendications : « L’avenir de la droite ne tient pas à un homme, à un parti, à une doctrine ». Quoi de plus faux ? La renaissance de notre pays interviendra si les Français défendent et promeuvent notre traditionalisme politique reposant sur le catholicisme et le royalisme. Il est impossible de bâtir un mouvement politique sans une doctrine claire, juste et vertueuse. En effet, à quoi sert-il de parler de l’union des droites sans invoquer le baptême de Clovis et le Sacre de Reims ? A rien. Si l’objet de ce mouvement est de refonder la Cinquième République ou d’en créer une sixième, je n’en vois pas l’intérêt.

Franck ABED

(1) Pour le lire dans son intégralité :

http://www.bvoltaire.fr/uniondesdroites/manifeste-pour-lunion-des-droites,281317

(2) Il fut un révolutionnaire français qui fonda La Conjuration des Egaux contre le Directoire. Ses idées préfigurent à la fois le communisme et l’anarchisme.

(3) Philosophe et économiste français, adepte du fouriérisme…

(4) Ecrivain italien et initiateur du mouvement futuriste.

(5) Charles Beigbeder, entrepreneur, élu de Paris, membre fondateur de l’Avant-garde

Roland Hureaux, président de Mouvance France

Xavier Lemoine, maire de Montfermeil, vice-président du PCD (Parti Chrétien Démocrate)

Patrick Louis, professeur d’université, ancien député du Parlement européen, secrétaire général du MPF (Mouvement Pour la France)

Robert Ménard, maire de Béziers, Oz ta droite !

Bruno North, président du CNIP (Centre National des Indépendants et Paysans)

Karim Ouchikh, conseiller régional Ile-de-France, président du SIEL (Souveraineté, Identités Et Libertés)

Christian Vanneste, ancien député UMP, président du RPF (Rassemblement Pour la France)

Jean-Frédéric Poisson, président du Parti chrétien-démocrate (PCD)

(6) « Dans nos assemblées parlementaires, les membres qui siégeaient au côté droit et qui, opposés aux idées révolutionnaires, soutenaient les choses et les personnes attaquées par la Révolution. » Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, tome premier, seconde partie, DH, Librairie Hachette, 1863, p. 1244.

(7) Panorama critique de la droite nationale par Franck Abed

(8) Connaître pour mieux combattre par Franck Abed

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