« Polémiques sur le burkini ? Trêve de plaisanteries » par Franck Abed

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Polémiques sur le burkini ? Trêve de plaisanteries

Depuis plusieurs jours fleurissent de nombreux commentaires suite à des polémiques mettant en cause les burkinis (1). Ces affaires, qui occupent le devant de la scène médiatique estivale, témoignent du climat social explosif qui règne en France depuis maintenant trop longtemps. Les moindres faits divers locaux dans lesquels sont impliqués des musulmans deviennent des sujets d’actualités nationaux. Qu’on se le dise tout de suite, rares, à mon sens, sont les articles qui répondent clairement et surtout justement aux enjeux soulevés. D’un côté se trouvent les éternels et fatigants islamophiles qui invoquent des raisonnements creux pour défendre l’indéfendable, et de l’autre les islamophobes qui appellent sans cesse à la guerre. Il n’est pas question ici d’établir un catalogue des faux arguments développés par les partisans de la tolérance et les adeptes du choc des civilisations. Le présent article, avec arguments circonstanciés et faits objectifs, vise à rappeler des vérités malheureusement occultées.

Depuis plusieurs années, les mondialistes appellent de manière ouverte au choc des civilisations (2). Il existe donc ses promoteurs et ses idiots utiles. J’ignore dans quelle catégorie il faut ranger les musulmans qui se sont signalés dans les affaires précédemment évoquées. Dans une période de tensions communautaires et religieuses comme nous le vivons actuellement en France, vouloir privatiser des plages, des parcs aquatiques voire des auto-écoles (3), ne me semble pas être le meilleur moyen pour apaiser les esprits. Bien au contraire, selon le principe de responsabilité qui m’est cher, je dirai que les auteurs de ces actes jettent sciemment de l’huile sur le feu. Effectivement, les musulmans qui veulent imposer par des démonstrations de force leurs pratiques étrangères cultuelles ou culturelles aux mœurs du pays d’adoption qui les accueille agissent en conscience. Loin de vouloir calmer le débat, ils désirent provoquer encore et toujours par des comportements qui agacent. Une fois leurs actes posés librement et sans contrainte, les fauteurs de trouble crieront et crient déjà, comme ils savent si bien le faire, encouragés par des associations diverses et variées, à l’injustice, au racisme et à l’islamophobie. Qu’ils se le disent, nous n’avons pas peur de l’islam, et nous pouvons même écrire que nous respectons, au cas par cas, certains musulmans. Ce respect légitime et cette politesse, à laquelle nous sommes habitués, ne nous égarent point. Nous ne souhaitons surtout pas que nos enfants s’habituent à des coutumes et des pratiques que d’aucuns voudraient considérer comme « normales ». Prendre une position de principe contre le burkini (et la burka) ne signifie nullement défendre les déviances promues par la société moderne, et soutenues par tout un arsenal de lois iniques… sur lesquelles nous reviendrons quand nous aurons repris le pouvoir.

Ceci étant dit, je ne me ferai pas le complice des promoteurs du choc des civilisations. Pour autant, entre relayer les thèses des néo-conservateurs américains (4) et être le collaborateur des musulmans qui entendent conquérir l’Europe (5), il y a un équilibre à maintenir coûte que coûte. Il convient, comme j’ai pu le lire ici où là, de ne pas défendre le port du burkini en expliquant que si ce dernier est interdit, la République finira par bannir de l’espace public les cornettes des religieuses, le scapulaire des bénédictines et carmélites (6), etc. Je ne vois pas la relation qui existe entre les habits des religieux préalablement cités, et la tenue laïque portée par certaines femmes musulmanes. Est-ce qu’il vient l’idée à un esprit sensé de comparer le treillis porté par un militaire et le costume cravate d’un civil ? Non. Cet argument est l’un des plus faux que j’ai lus. Par exemple, la tenue d’un bhikshu ne peut être comparée à un burkini. En effet, les femmes musulmanes qui portent les burkinis ou les burkas ne sont pas des moniales ni des religieuses. En ce sens, leurs tenues ne peuvent être considérées comme relevant du sacré. Ainsi, les Français – même les athées – dont le bon sens n’a pas encore disparu, ne considèrent pas la robe de bure des bénédictins ou l’uttarasanga des bouddhistes comme une provocation, au contraire de la burka ou du burkini. Ils voient dans ce bout de tissu l’expression d’un combat culturel contre nos fondements civilisationnels. A ce titre, il est légitime de ressentir la même réprobation à l’égard des juifs portant papillotes, chapeaux, redingotes pour la raison évoquée plus haut : ils ne sont pas religieux…

Contrairement à ce qu’on entend ou lit ici ou là, la République n’est guère islamophobe. Elle serait plutôt automobilophobe. Effectivement, le port du burkini est passible d’une contravention s’élevant à seulement 38€. Il s’agit du même montant que pour le port d’un monokini là où il est interdit comme à Paris Plages. A titre de comparaison, les amendes pour les fumeurs (68 euros) et les automobilistes (45, 90, 135 euros) se montrent bien plus élevées. Il serait donc bon que les islamophiles de tous bords arrêtent de crier à la haine du musulman. Ceci relève d’un pur fantasme ou de la maladie… Toutefois, la République se montre comme à l’accoutumée très hypocrite. D’un côté elle prétend interdire de l’espace public ces symboles de conquêtes culturelles que sont entre autres la burka et le burkini, de l’autre elles prévoient des amendes ridiculement faibles pour le port de ces tenus, tout en encourageant années après années l’immigration afro-maghrébine à forte majorité musulmane. La République, depuis des années, joue trop aux apprentis sorciers. Elle prétend combattre les terroristes musulmans et les manifestations trop hostiles de l’islamisme sur le territoire national mais, dans le même temps, elle entretient des rapports, assez étroits, avec l’Arabie Saoudite qui se révèle être l’un des pays les plus motivés pour propager la foi islamique. Comment être crédible en prétendant lutter contre l’Etat Islamique (7), quand la République n’agit pas contre un régime qui a tout d’un état islamique ayant réussi grâce au soutien occidental ? De même, quelle mauvaise foi de la part des défenseurs du burkini de le comparer aux tenues de plongées comme j’ai pu le lire. Si des femmes, musulmanes ou autres, veulent plonger, il existe nombre de combinaisons pour ce faire. Cependant, comme je l’ai déjà écrit, le fait de mettre cette tenue est un test, et à plus forte raison une manière d’inciter directement à la haine antimusulmane, que ces personnes réprouvent officiellement. On pourrait être donc tenté de penser que leur indignation n’est que stratégie… Nécessairement, elles condamnent des conséquences dont elles sont en grande partie responsables par leurs actes provocateurs. Il va de soit que les femmes musulmanes portant les burkinis et autres burkas ne sont pas forcément des terroristes en puissance ou des adeptes du wahhabisme. Est-ce le sujet ? Non. Dans ce temps historique que nous traversons tant bien que mal, chaque individu en France à une part de responsabilité quant à ce qu’on nomme le vivre ensemble. Que les musulmanes voire les musulmans ne veuillent pas pratiquer le nudisme, ou même qu’ils désirent se protéger intégralement du soleil, je n’y vois aucun inconvénient. C’est même leur droit le plus strict. Pour autant appeler ce tissu burkini est une provocation doublée d’une erreur magistrale. La première syllabe de ce mot renvoie inévitablement à la burka qui, en son temps, avait fait couler beaucoup d’encre. La burka reste synonyme, à juste titre, de l’enfermement et de l’oppression des femmes dans certains pays musulmans. Quand on ne veut pas être vu du regard des autres, on ne donne pas un nom à un vêtement qui provoquera nécessairement une polémique. Cette dernière mettra sur la scène celles et ceux qui justement voulaient rester cachés. Incohérence quand tu les tiens. En ce sens, les musulmans portent une énorme part de responsabilité dans le climat explosif que nous vivons. Au lieu de condamner fermement et avec intransigeance tous les fauteurs de troubles liés à leur religion, leurs représentants officiels et officieux se cantonnent, pour certains et dans le meilleur des cas, à des prises de positions polies et convenues. De plus, dans une période ou des actes terroristes sont commis au nom de l’islam, il serait logique que les musulmans hostiles à la guerre et au choc des civilisations adoptent une attitude prudente… C’est dommage de ne pas le comprendre et d’attiser les flammes d’un conflit ethnique et religieux dont la France se rapproche dangereusement jour après jour.

D’une manière générale, je me positionne toujours contre les lois abstraites, vides de sens, encore plus quand elles sont votées rapidement sous influence émotionnelle. Je ne défends pas plus l’idée que ces burkinis seraient simplement l’expression d’une mode vestimentaire voire un outil marketing. Le fait qu’aucune loi n’interdise le port du burkini n’implique pas qu’il soit autorisé. Pourquoi contraindre par la loi des individus qui ne désirent pas s’assimiler ? Le burkini n’est porté que par des musulmanes et par conséquent il devient donc un signe islamique évident et ostentatoire. Toutefois, voir la République se transformer en policière de la bienséance publique me semble quelque peu comique, ou plus exactement cela confine au mépris le plus total. Nullement besoin d’évoquer les actes non vertueux encouragés par ce système politique en totale décrépitude pour savoir où je veux en venir. Tout le monde comprendra. Il est plus que temps que ces hommes politiques, de tous bords confondus qui occupent des places depuis des années, laissent place à une nouvelle génération qui saura prendre ses responsabilités face à l’extrême urgence de la situation. Que la République ne légifère pas sur ces habits mais qu’elle s’occupe en priorité des bonnes mœurs, du chômage, de l’illettrisme, des handicapés, du système de santé et de tout ce qui ne fonctionne pas dans notre pays. Autant dire qu’il y a assez de travail. Ceci étant précisé, tout le monde sait qu’en France, lorsque la religion catholique était l’un des piliers de la société, les femmes avaient toujours eu la place qu’elles méritent (8). Hors de question de les considérer comme des objets ou des faire-valoir. Les Rois de France confiaient souvent les rênes du pays à leurs femmes ou leurs mères durant leurs absences (9)… Notre pays se meurt jour après jour car il tourne le dos à son passé et à ses traditions fondatrices. Je ne suis pas certain que toutes les femmes portants ces habits d’un autre âge soient réellement libres et heureuses de le faire. Ceci est un autre sujet. Il existe malheureusement encore trop de pays où les femmes sont soumises aux hommes par la loi civile, avec le concours des juges, du Coran et de la force publique. Heureusement, nous n’en sommes pas encore là chez nous. Etre contre le burkini et la burka n’est pas tant prendre position contre l’islam que défendre la femme dans sa vocation réelle. Si nous désirons ardemment la renaissance de notre pays et de notre civilisation, protégeons la femme de manière juste et intelligente. N’oublions pas également de promouvoir la famille traditionnelle, pilier naturel et légitime de nos traditions.

Franck ABED

(1) La plage de Sisco en Corse, le parc aquatique à Marseille.

(2) Lire Le mondialisme et Les crises par Franck ABED.

(3) La gérante d’une auto-école lyonnaise a récemment déclenché une polémique sur les réseaux sociaux car elle veut réserver une salle de code aux femmes.

(4) Axe du mal est un slogan néo-conservateur qui sert à désigner les différents pays présentés par l’administration de l’ex-président américain George W. Bush comme des ennemis du monde libre. Cette expression est due à David Frum, rédacteur des discours du président W.Bush, qui l’employa pour la première fois le 29 janvier 2002 lors de son discours sur l’état de l’Union.

(5) Dès 1974, Boumediene annonçait les intentions colonisatrices d’une partie du monde musulman à la tribune de l’ONU : « Un jour, des millions d’hommes quitteront l’hémisphère sud pour faire irruption dans l’hémisphère nord. Et certainement pas en amis. Car ils y feront irruption pour le conquérir. Et ils le conquerront en le peuplant de leurs fils, c’est le ventre de nos femmes qui nous offrira la victoire. »

(6) A la fin du XIXe et au début du XXe siècle et dans un contexte anticlérical, plusieurs communes et départements français interdirent, par arrêtés, le port de la soutane sur la voie publique.

7) Appelé Daech pour tenter de masquer sa réelle nature

(8) Lire La femme aux temps des cathédrales de Régine Pernoud.

(9) Je pense plus particulièrement à Blanche de Castille, mère de Saint-Louis.

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