« République et islam quel avenir ? » par Franck Abed

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République et islam quel avenir ?

Depuis que de nombreux problèmes se posent en France avec les musulmans ou ceux qui sont considérés comme tels, beaucoup se questionnent sur le chemin que prendra l’islam dans notre pays. D’aucuns évoquent que tôt ou tard la République deviendra islamique selon le postulat de la démographie et de la vigueur islamique. Certains voudraient républicaniser l’islam voire même le franciser. Je pense que la prévision évoquée est tout simplement une fausse route. Quant à la républicanisation ou la francisation de l’islam, ce projet cache un piège dans lequel il ne faut pas tomber.

Il est important de rappeler que les contres valeurs de la République ne sont pas nôtres. Dans le désert intellectuel, culturel, et religieux qui règne en France, aucune civilisation digne de ce nom n’émergera. Certes, ici ou là, des musulmans obtiennent des mosquées avec la complaisance et la peur des services de la République. Pendant ce temps les églises se vident et les suites du Deuxième Concile du Vatican accélèrent cette désertification de l’Eglise Catholique en France (1). Ainsi dans le néant civilisationnel que nous vivons avec grande difficulté, tout un chacun peut faire ce qu’il veut. En effet, comme les migrants sont en très grande majorité musulmans, la conséquence est que beaucoup de mosquées poussent comme des champignons. Si nous avions eu une immigration de masse majoritairement issue d’une autre religion que l’islam, nous aurions pu avoir à la place des minarets, des pagodes ou des temples divers et variés. Certains constatent que les mosquées se remplissent, mais ils tournent le dos à leur tradition fondatrice qui s’incarne dans le baptême de Clovis… Ce vide sidéral fut encouragé par la révolution de 1789, qui sous couvert de combattre ce qu’elle nommait injustement le fanatisme, en a imposé un réel qui se cache sous les oripeaux du laïcisme. Cette guerre révolutionnaire contre le trône et l’autel a laissé un vide politique et un abîme spirituel dont nous payons le prix année après année. Ainsi, il n’est pas rare de voir des Français de toujours ou des Français récents adopter des modes ou plus précisément des spiritualités exotiques. On ne compte plus les Français qui se convertissent à l’islam ou qui prétendent vivre comme des moines bouddhistes. Je n’oublie pas également ce retour au paganisme celte et nordique, que certains allient avec une doctrine politique bien éloignée du traditionalisme politique français. Il existe également les tenants de l’ésotérisme le plus confus et le plus délirant. Je n’omets pas le retour bien réel, dont on parle peu, de la magie et du spiritisme. Il existe même des charlatans qui vous garantissent que vous pouvez entrer en communication avec les morts de votre famille. Et que dire de toutes celles et ceux qui tombent dans l’apostasie en oubliant le catholicisme, pour se vautrer dans le consumérisme et le matérialisme ?

Qu’on se le dise, la République vit à crédit depuis trop longtemps. Effectivement, ses caisses sont vides, et déjà elle met en place des lois qui lui permettront en cas de crise grave de prendre l’argent sur les comptes bancaires. Peut-être que les Français se rebelleront quand on touchera à leurs portefeuilles… Alors la République présentera l’ennemi officiel dont elle a besoin pour détourner le vent de la colère, et déjà elle prépare les esprits en ce sens. Seulement, comme je l’ai déjà écrit (2), certains musulmans, stipendiés ou non, font tout pour jouer le rôle que la République attend d’eux. Un jour peut-être, les musulmans, se croyant forts, prendront les devants, et la République sortira la faux. Elle justifiera ses actions au nom de l’Union Sacrée, selon le fameux principe de 1793 du peuple républicain en marche contre le fanatisme. Ce sera le tout (le peuple) contre l’autre (l’islam). Le tour est ainsi joué. La République dans sa volonté manipulatrice abat également la carte pacifique, c’est-à-dire celle qui ne passe pas par les armes. Récemment le vieux serpent de mer de l’islam de France ou d’un islam français a refait surface. Elle prévoit donc de faire subir à l’islam ce qu’elle a fait subir au catholicisme : le col romain a laissé place à la chemise, le costume est préféré à la soutane, la Sainte Doctrine est remplacée par la religion des Droits de l’Homme, etc. Ainsi, il est triste et trop fréquent de voir des prêtres s’agiter avec une guitare pour chanter le vivre ensemble, célébrer la nature, glorifier l’humanité et autres niaiseries modernistes… Ce n’est pas drôle, mais le même sort attend les imams de France. De fait Hassen Chalghoumi préfigure bien cette future génération de pantins aux mains des républicains.

Je suis donc intimement convaincu que la République n’a pas de préférence philosophique pour l’islam. En effet, les valeurs musulmanes issues du Coran et de leurs traditions ne peuvent être qu’en confrontation réelle avec les innovations républicaines que sont l’avortement, l’euthanasie, l’union des personnes de même sexe etc (3). Lorsque la République témoigne de sa complaisance pour l’islam, il ne faut pas y voir une affinité intellectuelle mais simplement une manœuvre tactique. La République entend réduire le catholicisme authentique à sa portion congrue, et dans cette volonté, la présence massive de musulmans l’y aide. Ceci étant dit, il ne faut pas oublier que la République laïcarde est confortablement en place et qu’elle n’entendra pas la laisser à autrui. Quand les islamistes deviendront trop puissants politiquement parlant, et il y a loin de la coupe aux lèvres, nul doute que la République traitera leur cas. A l’instar du catholicisme qu’elle combat sans relâche et qu’elle a réduit au quasi silence, la République désirera toujours garder sa position dominante. Concrètement le système républicain et le système islamique reposent intrinsèquement sur la violence et la conquête. Je n’oublie pas le terrorisme républicain à l’endroit des prêtres, des nobles, du peuple, pas plus que je sors de ma pensée le terrorisme islamique des trois dernières décennies (4). L’avantage parmi bien d’autres, à mon sens, du catholicisme par rapport à l’islam, reste qu’il a défini une doctrine qui distingue le spirituel du temporel. La laïcité – à ne pas confondre avec le laïcisme – n’existe pas en islam. La République ne supportera pas bien longtemps que les islamistes considèrent la loi d’Allah au-dessus du code civil… Il faut donc plutôt prévoir à terme l’affrontement entre ces deux puissances qui s’arrachent déjà le cadavre de la France. De fait, je ne prends la défense ni de l’un, ni de l’autre, pas plus que je ne les excuse. La guerre de civilisation contre l’islam ne remonte pas aux années 90 ou aux années 60. Il y a toujours eu une guerre entre les catholiques et les musulmans, entrecoupés de rares périodes de paix. Je ne pense pas forcément à une guerre avec des sabres, des cimeterres, des roquettes et des mitraillettes, mais une guerre en ce qui concerne les principes, religieux, philosophiques et civilisationnels. Musulmans et catholiques sont trop éloignés en ce qui concerne la vision de Dieu, de la religion et de l’Homme.

Le système politique dominant se trouve en totale faillite, et malgré la nullité de l’actuel Président, l’assise de la République me parait toujours très solide. Il n’est malheureusement pas rare d’entendre et de lire, dans les milieux dits de droite dure ou de droite extrême, qu’elle s’affaiblit dans l’Union Européenne… Rien n’est plus faux. Assurément, même si la République se fond dans un système politique plus grand qu’elle, le gouverneur de la Province France (quelle tristesse d’écrire cela) reçoit ses consignes et son salaire, de cette entité politique plus grande et bien réelle qu’on appelle mondialisme (5). La République gouverne très mal mais elle sait parfaitement se défendre (6). Il suffira de voir des vraies manifestations hostiles au régime pour se rendre compte de sa capacité de réaction et de sa volonté farouche de garder le pouvoir.

Le problème islamique est triple. Premièrement il s’agit d’une fausse religion, deuxièmement cette présence provoque divers soucis, troisièmement l’islam servira de prétexte au tour de vis sécuritaire dont la République a besoin pour contrecarrer toutes les tentatives de celles et ceux qui refuseront de voir la France disparaître dans le mondialisme. N’ayez pas peur, la République ne deviendra pas islamique, et l’islam de France ou l’islam républicain ne sont que des manœuvres grotesques pour soumettre les musulmans. La République tente de nous faire accepter un islam-compatible de manière intéressée comme écrit plus haut. Cependant, vouloir enlever les sourates violentes, retirer comme modèle aux islamistes Mohamed, vivre selon la modernité des Lumières tout en étant fidèle au Coran, relève de la pure incohérence et de l’escroquerie intellectuelle. Et pourtant beaucoup de musulmans succombent aux fariboles républicaines (7). Il faut être honnête quitte à être une cible. Si l’islam ne peut s’acclimater à la France et au XXIème siècle, il y a une réponse évidente : théologiquement, philosophiquement et socialement c’est impossible. Il existe une seule solution, c’est la conversion des islamistes au catholicisme. Malheureusement la papauté et le clergé français parlent plus de dialogue interreligieux, qui est en soi un non sens, de l’accueil des migrants et de l’écologie, que de conversion à la foi de Notre Seigneur Jésus Christ. Si certains oublient voire nient cette nécessité de réflexion historique, politique, théologique sur les religions et notamment l’islam, c’est leur droit le plus strict, mais cela devient de l’humanisme et du positivisme qui sont des pensées révolutionnaires. Je me souviens du déferlement médiatique à l’endroit de Benoit XVI en 2006 (8), quand celui-ci avait très lucidement posé les questions de la relation entre l’islam et la violence, et entre l’islam et la raison. Les récentes déclarations de François sont quand même bien différentes… Précisons malgré tout, que le but de la République est d’intégrer la France au mondialisme, afin de désintégrer cette patrie charnelle. Elle poursuit donc méthodiquement son dessein en fragmentant la population française par tous les moyens mis à sa disposition. Quant à l’islam il n’entend pas rester sur une position défensive. Qui vaincra entre Marianne et le Croissant ? Je ne sais pas et peu m’importe car nous ne gagnerons rien à la victoire de l’une ou de l’un…

Franck ABED

(1) « On manque de vocations… Quand on ordonne 100 prêtres par an et qu’il en meurt 800 par an pour le territoire français, c’est évident. Le déficit il est là, il est criant. » Mgr Bernard Podvin, porte-parole de la Conférence des évêques de France.

Selon un sondage Ifop de 2009 : « 4,5 % seulement de nos concitoyens disent fréquenter une église chaque dimanche, 15 % y allant régulièrement, de l’ordre d’une fois par mois environ »

2) Lire l’article Polémiques sur le burkini par Franck ABED

3) Sur ces points précis, catholiques, musulmans et juifs se rejoignent.

4) Mohamed Lahouaiej Bouhlel (2016 – Promenade des Anglais – 84 morts – 200 blessés)

Larossi Abballa (2016 – 2 policiers assassinés à Magnanville)

Brahim et Salah Abselam, Foued Mohamed-Aggad, Abdelhamid Abaaoud (2015 – Bataclan – 130 morts – 350 blessés)

Amedy Coulibaly (2015 – Hyper Casher – 5 morts)

Yassin Salhi (2015 – décapitation d’Hervé Cornara)

Chérif et Saïd Kouachi (2015 – Charlie Hebdo – 12 morts)

Sid Ahmed Ghlam (2015 – 1 femme tuée et une Eglise visée)

Mohamed Merah (2012 – Ozar Hatorah/Toulouse/Montauban – 7 morts)

Khaled Kelkal (1995 – RER Saint-Michel à Paris – 8 morts et 117 blessés)

Sans oublier la guerre d’Algérie qui pour certaines n’est point terminée.

5) Lire Le mondialisme de Franck ABED

6) Elle sait ne pas reconnaître le résultat des élections quand il le faut, du 18 Fructidor an V à l’invalidation des députés poujadistes en 1956…

7) Selon un sondage Opinion Way sur le second tour des élections présidentielles de 2012, 90% des musulmans ont voté Hollande.

8) Le discours de Ratisbonne est un discours que le Pape Benoît XVI a tenu le 12 septembre 2006 sur le rapport entre la raison et la foi, intitulé « Foi, raison et université – Souvenirs et réflexions », à l’université de Ratisbonne en Allemagne, où il fut professeur. Benoît XVI avait cité et engagé la réflexion avec un argument de l’empereur byzantin Manuel II Paléologue, tiré d’un dialogue qu’il avait avec un érudit persan en 1391 à propos du jihad. Cette interrogation légitime avait provoqué une onde de choc médiatique…

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